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Réinstauration des examens du CFEPD et CEPE/FA : Une réforme pas du tout nécessaire pour l’école nigérienne

Dr Elizabeth Chériff, Ministre de l’Education Nationale

Initiée pendant la transition du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) présidé par le Général des corps d’armées Salou Djibo, la réforme qui a conduit à la suppression du CFEPD et du CEPE/FA est en train d’être remise en cause par un autre régime de transition présidé cette fois-ci par le Général de Brigade Abdourhamane Tiani.

Si les cadres du Ministère en charge de l’éducation nationale sous la transition du CSRD ont trouvé des raisons pour surseoir à ces deux examens dont l’une des raisons principales était la perte de valeur de ce premier diplôme qui sanctionne la fin des études primaires, le CFEPD n’étant plus sollicité sur le marché de l’emploi, l’actuelle ministre de l’éducation nationale, trouve l’annulation de ces examens comme une solution au problème de baisse de niveau qui caractérise aujourd’hui l’école nigérienne.  Pour ces partisans de la réinstauration du CFEPDE et du CEPE/FA, il faut revoir comment assurer la transition entre la classe de CM2 et la 6ème.

Depuis son arrivée à la tête du Ministère de l’éducation nationale et de la Promotion des Langues Nationales, Dr Élisabeth Chérif a engagé un vaste chantier de réformes au niveau de son département ministériel. Parmi ces innovations qui ont le vent en poupe figure le retour du Certificat de Fin d’Études du Premier Degrés (CFEPD) et le Certificat d’Études Primaire Élémentaire du franco-arabe.

Le Comité Technique Chargé de réfléchir sur la pertinence et l’opportunité de la réinstauration de l’examen du Certificat de Fin d’Études du Premier Degré (CFEPD) et le Certificat d’Études

Primaires Élémentaires Franco Arabe (CEPE/FA) a remis le mercredi 03 Janvier 2024 les conclusions de ses travaux à la Ministre de l’éducation nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement professionnel et de la promotion des langues nationales. Parmi les raisons avancées pour ramener l’organisation de ces deux (2) examens figure en toile de fond, la baisse de niveau constatée chez les élèves du primaire. Pour les partisans de la réinstauration de ces examens, l’évaluation interne des élèves de classe de CM2 est loin de satisfaire aux critères de sélection des plus méritants pour poursuivre les études en classe de 6ème.

A entendre la ministre de l’éducation nationale de l’alphabétisation, de l’enseignement professionnel et de la promotion des langues nationales, tout laisse croire que l’argumentaire développé par les membres dudit comité est favorable à la réinstauration desdits examens. Preuve de son penchant vers le retour de ces deux examens sanctionnant la fin du cycle primaire.

Le comité a émis des recommandations visant à changer leur appellation en certificat d’étude primaire (CEP) pour le CFEPD et le Certificat de Fin d’Etude du Franco Arabe (CEFA) en lieu et place du CEPE/FA.

Pourtant les réflexions menées entre 2010 et 2011 pour la suppression du CFEPD et du CEPE/FA ont mis en avant deux aspects. Le premier, c’est parce qu’en dehors du fait que ces deux (2) diplômes sanctionnant la fin du cycle primaire ne sont plus sollicités sur le marché de l’emploi et deuxièmement, l’organisation de ces deux (2) examens est très coûteuse pour le trésor national. Avant l’adoption de la réforme, on se rappelle que le comité mis en place à l’époque avait mis sur la balance les avantages et les inconvénients de ladite réforme.

Une mission a même été dépêchée dans certains pays de la Sous-région tels que le Sénégal et le Maroc pour s’inspirer de ce modèle qui a fait ses preuves avant d’être répliqué au Niger.

Après de douze (12) ans de la suppression de ces deux examens, l’actuelle ministre de l’éducation nationale et son équipe estiment qu’il est temps de réinstaurer le CFEPD et le CEPE/FA.

Pour redorer le blason de l’école nigérienne, plusieurs observateurs pensent plutôt qu’il faut d’abord attaquer le mal par la racine en commençant par une formation de qualité des enseignants, la construction des infrastructures afin d’avoir des classes non pléthoriques, ce qui facilitera la transmission du savoir. Un autre problème que Dr Elizabeth Shérif devait attaquer en premier, c’est aussi la question de cette nouvelle formule de repêchage allant parfois jusqu’à sept (7) points voire plus pendant les examens du Brevet d’études du Premier Cycle (BEPC) et aussi le Baccalauréat.

Un autre problème qui est à régler dans le système éducatif nigérien reste et demeure la question de la contractualisation car toutes les parties prenantes sont unanimes que la baisse s’est accentué avec l’avènement du contrat dans le secteur de l’éducation ou n’importe qui peut devenir enseignant pourvu qu’il soit détenteur du diplôme du Brevet d’études du Premier cycle (BEPC) quel que soit les conditions dans lesquelles, il l’a obtenu.

La question des examens du CFEPD et BEPC est loin de constituer la principale raison de la baisse du niveau des élèves surtout si l’on se rend compte que l’élève du CE1 des années 1980 a un niveau nettement supérieur à celui du détenteur du BEPC d’aujourd’hui.

Donc les raisons de la baisse de niveau se trouvent ailleurs mais pas dans l’organisation d’un examen dont le diplôme n’a aucune valeur sur le marché de l’emploi et qui coûtera au contribuable nigérien à au moins 2 milliards de F CFA.

Manifestement les périodes de transition militaires au Niger sont des moments propices pour les cadres du ministère de l’éducation nationale de faire des réformes même si parfois elles ne sont pas du tout nécessaires.

Ibrahim Moussa pour infoniamey.com

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