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Gestion de la transition : «Nul n’a le monopole du patriotisme»

Voilà comment certains internautes se sont exprimés en début de semaine pour répondre à une certaine opinion qui a engagé un débat inapproprié dans lequel une catégorie de nigériens qui se bombent d’être des ‘’patriotes’’, depuis l’avènement du CNSP au pouvoir, estiment qu’ils sont les seuls habilités à parler de la transition, à soutenir le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) ou à faire des propositions pour soutenir la conduite de la transition. Pour eux, tous ceux qui ont servi l’État sous le régime déchu ou qui ne se sont pas pris la robe des ‘’chinkafistes’’ ne doivent en aucun cas être écoutés. Au contraire, le CNSP doit les faire taire, dissoudre leurs structures, à défaut de les embastiller.

Cette semaine il y’ a eu beaucoup d’acharnement sur la Fédération des structures de la Société civile dénommée Dynamique Citoyenne pour une Transition Réussie dirigée par l’ancien Secrétaire Générale de la Confédération Démocratique des Travailleurs Nigériens (CDTN), Issoufé Sidibé. Et c’est justement parlant de cette structure que des acteurs biens connus estiment que ses animateurs ne sont pas des ‘’patriotes’’. L’on ne sait sur quel fondement repose ce raisonnement. Le Patriotisme, on le sait, s’entend comme un sentiment partagé d’appartenance à un même pays, la patrie et son attachement à celle-ci.

Il repose sur des valeurs de cohésion nationale de la communauté au service de l’État et doit favoriser le respect des obligations civiques dans la société. Or ceux qui en parlent et se proclament comme seuls patriotes déniant aux autres cette qualité sont loin de cultiver ces valeurs civiques. Ce qui est sûr, nul n’a le monopole du patriotisme et tous les citoyens sont en droit de se proclamer patriotes puisqu’ils sont tous attachés à leur patrie à laquelle ils vouent amour, sacrifices et dévotion.

La Dynamique citoyenne, qu’ils considèrent comme une organisation rivale, de par sa démarche responsable et le respect d’une certaine éthique, est composée de plusieurs organisations de la société civile nationales, des organisations religieuses, syndicales, féminines, des jeunes, etc, A l’intérieur de cette structure qui a décidé d’accompagner de façon désintéressé la transition pour la réussite de cette dernière, des acteurs irréprochables qui ont tout donné à leur pays, en matière de lutte démocratique et de culture des valeurs civiques.

Considérant que la marche de la transition ne doit pas se limiter à la capitale, Niamey, le Bureau de la Coordination nationale de la DCTR a fait le tour des huit régions pour rencontrer les populations, les autorités coutumières et administratives pour échanger sur la nécessité de mobiliser les nigériens sur les enjeux du moment en insistant sur la cohésion nationale, l’unité nationale et la réussite de la transition tout court. Au regard de la situation que vit le Niger avec les sanctions cyniques que lui ont été imposées par la CEDEAO, la Dynamique

Citoyenne prêche pour accélérer le processus de négociations avec cette organisation sous régionale pour une sortie rapide de la crise. Pour Issoufou Sidibé et ses amis, la seule voie qui s’offre à notre pays est la voie du dialogue. On peut se féliciter à ce niveau que la Conférence des Chefs d’État de la CEDEAO au cours de son sommet du 10 décembre 2023 a désigné deux Chefs d’État au-dessus de tout soupçon, pour conduire une médiation avec le Niger. Cette médiation a déjà obtenu la libération de Salem Mohamed Bazoum, fils du président déchu.

Les deux parties se sont félicitées de ce début de solution et le Premier Ministre du Niger, M. Ali Mahamane Lamine Zeine, tout en remerciant les hautes personnalités de la CEDEAO a souhaité que cette délégation revienne à Niamey dès la semaine suivante.

Ce début de dialogue a suscité beaucoup d’espoir chez les nigériens qui n’ont que trop souffert des sanctions de la CEDEAO qu’ils supportent pendant six mois et qui ont gravement impacté sur la vie socioéconomique du pays.

Toujours est-il qu’il est prévu que les négociations reprennent dès le 25 janvier 2024 pour aborder les vrais sujets qui ont perturbé les relations entre notre pays et cette organisation communautaire afin de trouver une solution définitive. Comment comprendre que dans ce contexte si difficile que certains nigériens qui se disent plus patriotes que n’importe quel citoyen cherchent à créer la division et la dispersion des voix là où on doit se mettre à l’unisson et regarder dans la même direction. Oublient-ils que cette solidarité et cet engagement autour du CNSP qui a permis au Niger de bouter hors de ses frontières, les forces françaises dont on estime le partenariat avilissant et déséquilibré et où les intérêts de notre pays ne sont pas suffisamment pris en compte, ne se limitent pas seulement à eux ?

Pourquoi feignent-ils d’oublier que c’est le Niger entier, dans sa diversité, en ville comme en campagne, qui s’est mobilisé pour soutenir l’avènement du CNSP au pouvoir en demandant au Général Tiani et à ses collègues de remettre le pays sur les rails du développement et d’assainir la gouvernance ?

Cet engouement continue encore aujourd’hui à se manifester à travers le fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie en enregistrant tous les jours des entrées venant de toutes les couches socioprofessionnelles, malgré les moments difficiles qu’endurent les populations.

Il y’ a lieu que le CNSP prenne toutes ses responsabilités pour mettre de l’ordre dans la gestion de cette transition qui reste et demeure l’affaire de tous les nigériens de tous les horizons et non seulement des patriotes autoproclamés.

Adoum Boulkassoum

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