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Exploitation du pétrole : 210 expatriés pour remplacer des nigériens sur les sites AGADEM

La nouvelle est sur toutes les lèvres chez les travailleurs nigériens répartis au sein des différents sites d’exploitation du pétrole. Du site de Djaouro en passant par Goumery et Koulélé, une épée de Damoclès pèse sur les têtes des travailleurs nationaux avec l’arrivée des expatriés, plus précisément des indiens, pour travailler dans le secteur du pétrole.

Des sources dignes de foi font état d’un groupe d’employés de nationalité indienne au nombre de huit (8) en provenance de la CNPC-NP se sont présentés à la base vie de FPF, SOKOR, le 13 septembre 2023. Après une enquête, il s’est avéré qu’il s’agit là d’une première vague et qu’il y aurait un total de 210 expatriés à dispatcher sur les postes d’AGADEM.Rien qu’au niveau de la GWDC (Great Wall Drilling Company), une société chinoise qui sous-traite avec la CNPC, il est annoncé le remplacement de 27 agents nigériens par des employés indiens. Cette présence des expatriés est jugé surprenante voire même choquante par de nombreux jeunes nigériens, car intervenue à un moment où les questions liées au transfert de technologie et à l’emploi des nationaux sur AGADEM se pose avec acuité. Surtout qu’au même moment, une base de données provisoire existe et qui est conforme d’ailleurs au Contrat de Partage de Production (CPP) signé avec les chinois et un code pétrolier permettant au Ministère du pétrole de jouer son rôle de régulateur et d’arbitre. Mais malgré toutes ces dispositions, des expatriés continuent d’atterrir sur les différents sites AGADEM.

Pour les travailleurs nigériens, il est inadmissible que les choses continuent ainsi sachant que ces expatriés ne dépassent en rien les nationaux sur le plan professionnel. Bizarre et ahurissant que cela puisse paraitre, une fois qu’ils foulent le sol nigérien, ces expatriés finissent par apprendre le travail auprès de ces derniers. Leur présence en réalité est loin d’être mal vue si seulement, ces expatriés ont été sollicités à cause de leur expertise et qu’aucun nigérien ne pourra faire le travail pour lequel, ils ont été recrutés.

Des sources proches des différents sites d’exploitation du pétrole, indiquent que plusieurs d’entre eux ont appris le travail auprès des nationaux, comme c’est le cas, au niveau du site CPF (Central Processing Facility) de Goumery, où plusieurs indiens ont appris à travailler sur les machines auprès des nigériens. Aussitôt qu’ils ont pris services, ces cadres expatriés sont mieux payés que leurs formateurs nigériens. Devant cet état de fait, certains responsables au niveau du ministère commencent à réagir en demandant le respect strict de la durée du séjour des travailleurs expatriés conformément aux textes prévus par le Contrat de Partage de Production (CPP) en date du 08 juin 2008 et à la note du ministre de l’emploi demandant de prendre des dispositions par rapport au respect de la durée des séjours des travailleurs expatriés en formant la relève nationale.

Après plus de Douze (12) ans d’exploitation du pétrole, le transfert de technologie devait être effectif, estiment les agents et certains responsables du Ministère du pétrole.

En plus de l’appel aux expatriés, les nigériens travaillant sur les différents sites se plaignent de la discrimination dont ils font l’objet surtout en ce qui concerne le traitement salarial. Il n’est pas surprenant de voir le salaire d’un expatrié multiplié 12 fois celui d’un agent à statut national évoluant sur le même poste. Plus grave encore pour les agents de la production, il leur faut être affectés au niveau de la section technique pour bénéficier d’une promotion. Au moment où la production pétrolière s’accroit passant de 20.000 à 110.000 barils jours, soit une augmentation de 90.000 barils, à défaut de bénéficier d’un rehaussement de leur traitement salarial, les travailleurs nigériens devraient au moins avoir la garantie de rester sur leurs postes.

Le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) et le gouvernement de la transition sont interpellés pour arrêter l’importation de la main d’œuvre étrangère, au moins pour les postes occupés déjà par les nationaux et là où l’expertise nationale existe. La souveraineté, c’est aussi disposer de ses propres cadres dans tous les secteurs de la vie socioprofessionnelle.

Ibrahim Moussa

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