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Dégradation des relations inter Etats au sein de la CEDEAO : Faire table rase, suggère Patrice Talon

Le Président Patrice Talon

Après six (6) mois de sanction suite au coup d’Etat du 26 juillet 2023, les relations entre le Niger et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest continuent de se détériorer.

Le dernier acte posé par le Niger a été l’annonce de son retrait de l’organisation communautaire en même temps que ces deux alliés de l’AES, le Burkina Faso et le Mali, le dimanche 28 janvier 2024.

 

Face à cette posture qui prouve la détermination de ces trois (3) Etats du Sahel à couper le pont avec leurs voisins, le Président béninois Patrice Talon s’est exprimé pour donner son point de vue sur l’évolution du bras de fer qui oppose le Niger à la CEDEAO.

Lors d’une conférence de presse qu’il a animée le jeudi 8 février 2024, le président béninois Patrice Talon a mis de l’eau dans son vin tout en déplorant le niveau atteint par la dégradation des relations entre les pays de la CEDEAO.

«Les sanctions ne sont pas faites pour durer dans le temps… s’il faut arriver à la division des peuples, il faut tout laisser tomber, faire la paix entre les organes pour préserver la paix entre les peuples’’ a déclaré le Président béninois.

Cette sortie médiatique de Patrice Talon qui sonne comme un mea culpa car ce dernier avait, au lendemain des évènements du 26 juillet 2023 au Niger, opté pour une position rigide et même va-t-en-guerre envers les nouvelles autorités nigérienne et au-delà notre pays.

Un peu plus de six (6) mois aujourd’hui, il réalise que les sanctions sont loin de produire des effets escomptés au niveau de la CEDEAO. Plus grave, les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) sont déterminés à assumer leur destin en se débarrassant de l’emprise d’une organisation qui s’écarte de plus en plus de sa mission comme l’ont souligné les Etats de l’AES dans leurs notes verbales.

Pour Patrice Talon, l’heure n’est plus à la division mais à sauver les meubles en faisant table rase des tensions qui agitent nos pays et éviter une division des peuples. «Dire que je vais détacher les peuples burkinabè, maliens, nigériens du peuple béninois, togolais, sénégalais, le problème ce n’est pas entre le peuple. C’est cette décision qu’ils ont prise et c’est une décision qui sépare les peuples et ça ce n’est pas normal», a précisé le président Patrice Talon qui suggère de faire fi de tout ce qui s’est passé pour un nouveau départ.

«Quel que soit ce qui s’est passé, il faut qu’on arrête tout et puis qu’on préserve l’essentiel qui est la communauté des peuples… ma position aujourd’hui, est ce qu’il faut tout laisser tomber. Que veulent les maliens, c’est ok, que veulent les burkinabè, c’est ok, que veulent les nigériens, c’est ok pour que cette décision de séparer les peuples n’aille pas plus loin.», a laissé entendre le président béninois.

Pour rappel, c’est pour la 2ème fois que en l’espace de deux (2) mois que le Président Patrice Talon sort pour se prononcer sur la situation qui prévaut au niveau de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) depuis la prise des sanctions envers le Niger. A chacune de ses sorties, Patrice Talon, réaliste et humble, tend la main aux autorités nigériennes avec lesquelles il veut coûte que coûte renouer les relations malgré le maintien des sanctions par l’organisation communautaire. Sauf que ces deux (2) sorties médiatiques sont loin de convaincre les nouvelles autorités nigériennes auprès desquelles le président béninois n’inspire pas confiance surtout qu’il est accusé par les autorités nigériennes de transition d’héberger des forces françaises sur son territoire.

Dans un entretien accordé ce dimanche 11 février 2024 aux médias d’Etat, le Président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), Chef de l’Etat, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, a certes reconnu que Patrice Talon est en train de se raviser tout en demandant au président béninois d’être plus sincère, en se débarrassant des forces françaises sur son territoire.

Ibrahim Moussa

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