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Coup d’Etat au Niger : l’incertitude et le doute planent sur une intervention militaire de la CEDEAO

image d’illustration

Dernière option posée sur la table par la CEDEAO, l’intervention militaire devient de plus en plus aléatoire pour les pays membres de la CEDEAO depuis que les sénateurs nigérians ont fait preuve de scepticisme sur l’opération, en dépit des propos tenus par le Chef d’Etat-major de l’armée nigériane, le Général Christpher Musa, qui a indiqué que tous les contours de l’opération sont définis et qu’il n’attend que les ordres pour rentrer en action.

Le Nigéria qui assure la présidence de l’organisation communautaire et qui a pris les choses en main depuis le début des évènements, a déclenché hier vendredi 04 août 2023, la procédure pour l’autorisation de l’envoi des troupes à l’extérieur.  Le Président Bola Ahmed Tinubu a adressé une demande au Sénat pour avoir son vert. Aussitôt atterrie sur le bureau du président du Sénat Nigérian, la demande du Président en exercice de la CEDEAO a suscité plusieurs commentaires et réactions de la part des sénateurs. Ces derniers ont indiqué sans ambages, qu’il y a des préalables et des points sur lesquels, ils vont discuter avant de se prononcer sur la demande du Président Tinubu. Selon l’ancien sénateur Alio N’Dumi, le Président Tinubu est conscient qu’il n’a pas à lui seul, la prérogative de décider de l’envoi des troupeaux à l’extérieur, il lui faut forcement l’accord du Sénat. En analysant les propos tenus par le sénateur Abdurahamane Kawu Soumaila qui s’est exprimé au nom des sénateurs du Nord du Nigeria, tout laisse croire qu’un doute plane sur cette intervention. Il  a laissé entendre qu’ils ne sont pas favorables à une intervention militaire au Niger.  Pour lui, cette intervention aura des conséquences sur les sept (7) Etats fédérés du Nord frontaliers de la République du Niger, a poursuivit le Sénateur Kawu Sumaila. Conformément à la Constitution de la République Fédérale du Nigeria, le Président Tinubu doit saisir le Sénat au plus tard sept (7) jours avant qu’elle ne commence à examiner la question et cette dernière a Quatorze jours (14) jours pour se prononcer sur l’envoi des troupes à l’extérieur. Ce qui prouve qu’il faut au moins trois (3) semaines pour le Président Tinubu pour avoir la réponse du Sénat.

Beson afabio, le Président du Sénat nigérian

Une position qui risque de faire tache d’huile  

La position des sénateurs ressortissants du Nord Nigeria risque d’être copiée par les parlements des autres pays membres de la CEDEAO surtout que les raisons avancées sont presque identiques pour les pays qui partagent des frontières communes avec le Niger notamment les mêmes communautés qui se trouvent de part et d’autre des frontières qui partagent des intérêts communs.

En attendant que les autres dix (10) pays de la CEDEAO saisissent à leur tour, les parlements ou sénats sur la question, les responsables du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) disent qu’ils sont prêts à défendre le Niger en cas d’attaque extérieure d’où qu’elle vienne.

Le jeudi 4 août dernier, la CEDEAO a dépêché une mission auprès des responsables du CNSP. Elle était conduite par l’ancien Président Nigérian, l’ancien général à la retraite Abdu salami Abubacar accompagné du Sultan de Sokoto, Muhamadu Sa’ad Abubacar, lui aussi, ancien général de l’armée. Malheureusement, cette délégation est retournée bredouille car elle n’a pas pu rencontrer le président du CNSP, le général de brigade Abdourahamane Tiani encore moins le Président déchu Mohamed Bazoum.

Face aux échecs des négociations, la CEDEAO va-telle mettre sa menace d’utiliser la force en exécution, rien n’est moins sûr vu la réticence des sénateurs nigérians d’approuver l’envoi des troupes au Niger. La question d’intervention militaire de la CEDEAO risque alors de diviser les pays et la crise nigérienne est aujourd’hui perçue par plusieurs observateurs comme celle de la dernière chance à travers laquelle, la CEDEAO joue toute sa crédibilité.

En dehors des pays de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, un autre obstacle qui risque de dresser sur cette question, est l’aval de l’Organisation des Nations Unies où certains pays risquent d’opposer leur droit de véto.

Aux dernières nouvelles, le Président Bola Ahmed Tinubu a dépêché ce samedi 5 août 2023, le Sénateur Ali Madu Sheriff chez le Président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno pour sa participation à un  nouveau sommet de la CEDEAO sur la crise nigérienne.

Ibrahim Moussa  

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