Home / A la une / Reportage : A la découverte des femmes productrices du Soumbala de Tara (Gaya)

Reportage : A la découverte des femmes productrices du Soumbala de Tara (Gaya)

Hadjia Gna Boudou sechant du soumbala

Utiliser pour assaisonner la sauce, le soumbala, ce produit fabriqué localement reste et demeure très prisé par les consommateurs. Produit exclusivement par des femmes, il existe deux variétés :  Soumbala à base des graines du Soja et celui préparé avec des graines du Néré.

Parler de la préparation du soumbala dans le département de Gaya renvoi automatiquement à la localité de Tara, ce village du dendi considéré comme fief du soumbala.

Avec plus de vingt ans d’expérience, Hajiya Gna Boudou est une des spécialistes du Soumbala à Tara. Elle a, à son actif, plusieurs années d’expérience, ce qui fait d’elle, une référence dans la localité.

A base des graines du néré ou du soja, deux étapes principales sont à suivre dans la cuisson qui prend énormément du temps.

1ère cuisson à base des graines du Soja

Selon la spécialiste, il faut deux (2) seaux d’eau dans chacune des deux marmites de 40 kilogrammes. Après que les graines aient été en ébullition pendant 24h et que l’eau ait été augmentée à chaque fois dans les marmites couvertes par des morceaux de sac, après cuisson, le produit est couvert avec de la cendre. Quelques heures plus tard, les graines cuites sont transportées à dos d’ânes au bord du fleuve pour être bien nettoyées.

La deuxième cuisson dure environ six heures. Les graines cuites iront dans la chambre à fermentation pendant deux jours. Après s’être séchées puis pilées, la poudre obtenue sera malaxée avec la farine des feuilles de la glue « Yodo » en haoussa, afin de faire des boulettes de Soumbala ou des galettes de Soumbala qui seront séchées et mises en vente sur le marché.

Pour la préparation du soumbala à base des graines de Néré ‘’Kadé’’ en haoussa et ‘’dosso gna’’ en Zarma, Oumou Zeinabou la spécialiste d’expliquer de long en large la préparation.

Les graines du néré

Les graines sont pilées avec du sable après nettoyage, elles sont mises en ébullition pendant 24 heures maximum. Après, les graines sont fermentées avec du natron durant deux jours.

A la sortie de la chambre de fermentation, les graines décomposées sont séchées, pilées et ensuite malaxées avec la farine de feuilles de « Yodo » pour passer à l’étape des boulettes ou des galettes de soumbala, selon la convenance du client.

En dépit du temps impressionnant que prend la préparation du soumbala, les femmes productrices font face à la cherté de la matière première.

Le sac de Néré vendu auparavant à 25000 F cfa coûte aujourd’hui 50.000 soit une augmentation de 100%.

Cette hausse du prix couplée à la rareté et l’indisponibilité des graines a conduit Hajiya Gna Boudou a abandonné le néré au profit des graines de Soja dont le sac coute 30.000 F.

 

Sur les 10 sacs qu’elle paye habituellement à 30.0000 f cfa, la moitié est transformée dans un premier temps et le produit fini est versé sur le marché. Connue du grand public Hajiya a sa boutique annexée au marché de Gaya.  Avec ses dizaines d’employés, elle arrive à tirer son épingle du jeu.  Elle peut faire une recette de 200. 000 f cfa chaque semaine. Grâce à cette activité, elle arrive à subvenir aux besoins de sa famille. Mieux elle a même effectué en compagnie de son époux un pèlerinage à la Mecque.

Soumana Moussa, un des clients de Hajiya   venu de Baleyara pour s’approvisionner en achetant une calebasse à un prix pour grossiste de 1000 F pour la revendre entre 1250 et 1400 F CFA.

Oumou Zeinabou, la spécialiste en Soumbala à base de Néré, a mis en évidence les avantages d’utiliser les graines du néré. Elle paie le sac à 60000 f cfa, après transformation la calebasse est vendue à 2000 FCFA, soit le double du prix de la calebasse des graines de Soja.

Oumou Zainabou, spécialiste du Soumbala à Tara

Comme toute activité, la production du Soumbala rencontre des difficultés. La plus grande d’entre elle est le manque de moulin, a regretté Hadjia Gna Boudou, ce qui a contraint du coup les productrices à travailler avec les moyens de bord, ce qui n’est pas sans conséquence sur la vente en gros et en détail.

 

 

 

 

 

 

 

Un reportage de Balkissa Ahmed Sidi pour infoniamey.com

Ceci pourrait vous interesser

Presse au Niger : Le journaliste communicateur Ousmane Toudou dans les locaux de la gendarmerie

Le journaliste Ousmane Toudou est dans les locaux de la Gendarmerie Nationale depuis le weekend ...