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Projet Hakin Yara : Le Service d’Etat Civil de la Commune Niamey 3 s’active à faire sa part dans les objectifs du Projet

Au Service d’état civil un engouement réel des populations pour retirer les actes de naissanes

Au Service d’État Civil de Niamey Commune 3, il y a vraiment foule ce lundi 08 juillet 2024. Les agents sont surchargés et chacun s‘active à satisfaire les demandeurs des prestations diverses et variées. « Je suis venue chercher l’acte de naissance de ma petite fille », nous dit une femme qui semble être une sexagénaire. Elle refuse de se faire photographier. « Elle a trois mois et dix jours. Sa mère n’est pas au mieux de sa santé et son père est partie à l’étranger en formation », se presse-t-elle de dire avant de nous tourner le dos et prendre la porte de sortie, le précieux acte de naissance de sa petite fille enroulé avec soin dans une main.

« Il y a un réel engouement et un intérêt certain chez la population ici à la Commune Niamey 3 à venir retirer l’acte de naissance de leurs enfants », nous explique Garba Yacouba. Il est le Chef du Service d’État Civil de l’Arrondissement Communal Niamey 3. « Nous dirons que 90% des habitants de la Commune enregistrent les naissances de leurs enfants  et les 99% des parents qui ont enregistré la naissance de leurs enfants viennent récupérer leurs actes de naissance ».

Le Chef du Service d’État Civil ajoute, « nous avons de très bons rapports avec la population. Le Service d’État Civil est le seul service au niveau de la commune où chaque jour la population se bouscule pour avoir des prestations dont elle a besoin »

Parlant de l’importance de l’acte de naissance, Garba Yacouba souligne que celui-ci « est un précieux sésame qui fait pour tout citoyen et la population de notre Arrondissement Communal l’a bien compris. Il permet beaucoup d’ouvertures, d’être scolarisé d’abord et d’avoir accès au service sociaux de base de manière générale ».

C’est pourquoi, le Service d’Etat Civil de Niamey Commune 3 ne désemplit de monde chaque jour aux heures de service.

« Avec la sensibilisation, beaucoup de gens ont compris qu’il faut déclarer la naissance de leur enfant pour qu’il obtienne un acte de naissance », fait savoir Mme Hamidou Rabi Amadou. Elle est Agent de Saisie au Service de l’État Civil de Niamey Commune 3.

L’intérêt qu’affichent les habitants de la Commune à venir chercher les actes de naissance de leurs enfants n’empêche pas, quand même, qu’il y ait des récalcitrants.

En effet, déplore l’Agent de Saisie, « nous avons plusieurs extraits d’acte de naissance non récupérés qui dorment dans les tiroirs, les caisses et les étagères du service ».

Elle indique, l’air irritée, « nous prenons les numéros des parents qui viennent déclarer la naissance de leurs enfants. Une fois les actes de naissance établis, nous les informons par appels téléphoniques pour qu’ils viennent chercher le précieux document de leurs enfants, mais ils ne viennent pas prendre. Ça, c’est un souci pour nous ! ».

D’après Mme Hamidou, « ils y en a d’autres qui ne viennent que lorsque leurs enfants ont assez grandi et atteint l’âge d’entrer à l’école. C’est quand leurs enfants ont cinq ans qu’ils viennent chercher les actes de naissance ».

Un gros souci qui cache un autre. En effet, « il y a beaucoup qui ne savent même pas dans quelle commune  aller chercher l’acte de naissance de leur enfant. Dès la maternité, ils enregistrent la naissance de l’enfant mais ne viennent pas le chercher à temps. C’est seulement quand l’enfant rentre à l’école et qu’on leur réclame un dossier pour l’inscrire qu’ils se rappellent qu’il faut lui trouver son acte de naissance et ils viennent vers nous en s’agitant », précise l’Agent de Saisie.

Elle pense avoir identifié la couche sociale précise des personnes qui hésitent et trainent les pas pour le retrait des actes de naissance de leurs enfants au niveau de la Commune 3.

En effet, estime Mme Hamidou Rabi Amadou, « ceux qui ne viennent pas chercher les extraits d’acte de naissance de leurs enfants sont généralement les commerçants. Moult fois on les appelle, moult fois ils ne viennent pas. C’est quand seulement on les appelle pour les informer que c’est cette années que leur enfants va rentrer à l’école, que certains s’activent à venir chercher l’acte de naissance ».

Une situation que déplore aussi Garba Yacouba, le chef de Service d’État Civil de Niamey 3. En plus des commerçants, il y a aussi les personnes illettrées. D’ailleurs, les uns ne vont pas sans les autres car, généralement, c’est parmi les illettrés que fourmillent les commerçants.

Contrairement aux illettrés et commerçants, « les fonctionnaires, quant à eux, viennent à tout moment et ne mettent pas beaucoup de temps pour  venir chercher les actes de naissance de leurs enfants », se réjouit M. Garba Yacouba.

L’enregistrement des naissances a beaucoup évolué au Niger en général et à la Commune 3 en particulier. La vieille méthode qui consistait à établir manuellement des volets sur la base desquels on établit les actes de naissance après un processus lent et harassant pour le demandeur est désormais écartée à partir de l’année 2023.

Actuellement les actes de naissance sont établis directement par voie électronique juste après qu’un parent ait transmis la déclaration de naissance de son enfant.

Au Service d’Etat Civil de Niamey Commune 3, plusieurs difficultés s’imposent à son bon fonctionnement.

Le personnel est insuffisant face au travail à accomplir au quotidien. Au-delà de cette insuffisance du personnel il y a aussi une grande insuffisance des machines sur lesquelles sont enregistrés les actes de naissance.

Huit (08) agents de saisie pour quatre (04) machines, c’est déplorable. A cela s’ajoute une trop faible connexion.

« De fois, nous restons toute la journée les bras croisés sans connexion. Ça c’est un grand défaut. Parfois quand certaines personnes viennent chercher les actes de naissance de leurs enfants, quand on leur dit qu’il n’y a pas de connexion, ils ne nous écoutent pas. Elles s’énervent et demandent pourquoi ça traine. Sans connexion, on ne peut rien faire. Nous sommes confrontés à ce problème », se plaint M. Garba Yacouba.

M Garba Yaouba, chef service état civil commune 3

Seul motif de satisfaction que le Chef de Service d’État Civil souligne, c’est celui de fiabilité du logiciel que la Direction Nationale de l’Etat Civil leur a installé sur leur machine de travail. « Le logiciel est bon », se réjouit-il, « c’est un très bon logiciel pour faire le travail ».

Face aux habitants de la Commune qui hésitent à venir chercher les actes de naissance de leurs enfants, le Chef de Service rassure que celui-ci est gratuit.

« Le retrait des actes de naissance est gratuit sauf si voulez des copies, là vous payez 200 F de timbre pour chaque copie. Sinon le retrait en tant que tel le retrait de l’acte de naissance est gratuit », fait-il savoir.

Depuis le lancement du projet de modernisation de l’État Civil au Niger, l’enregistrement  électronique des anciens actes de naissance sur la base de leurs souches a commencé et suit son cours au niveau de la Direction Nationale de l’Etat Civil.

  1. Garba Yacouba exhorte la population d’aller dans un premier temps, enregistrer la naissance de leur enfant dans les centres sanitaires et après quoi venir avec un papier dûment établi par lesdits centres et le déposer au niveau de l’Etat Civil de la Commune.

Des mesures ont été prises par les services compétents pour faciliter le processus d’obtention des actes de naissance aux parents des enfants et assez de temps leur est accordé dans le cadre dudit processus.

« Le délai d’enregistrement au niveau du Service d’État civil c’est désormais jusqu’à deux mois plus de temps qu’au paravent où c’était dix jours. Donc il y a  vraiment un temps assez raisonnable pour déclarer la naissance de son enfant et après la déclaration de naissance, je les exhorte à venir retirer les actes de naissance de leurs enfants », rassure M. Garba Yacouba.

Par ailleurs, explique le Chef de Service, « en cas d’erreurs constatées sur l’acte de naissance, nous les corrigeons au niveau du centre principal si celles-ci n’ont pas dépassé 3 mois après le retrait de l’acte de naissance. Mais si ça dépasse 3 mois, il faut une ordonnance de rectification délivrée par le président du tribunal pour pouvoir le corriger ».

Il est aussi bon de savoir « pour le parent qui n’a pas enregistré son enfant dès la naissance, celui-ci amène son carnet de famille, deux copies de sa carte d’identité et des frais d’amende qui s’élèvent de 1.000 francs à 3.000 Francs », c’est ce que nous explique Mme Hamidou Rabi Amadou, elle aussi,   Agent de Saisie à l’État Civil de Niamey Commune 3.

Pour sa part, Hamidou Hassoumi, un bagagiste que nous avons rencontré dans une des gares modernes de la place, se réjouit que tous ses enfants « disposent de leurs actes de naissance ». C’est un plus que quadragénaire qui aspire être un quinquagénaire.

« J’ai retiré à chacun son acte de naissance à la mairie un mois après leur naissance pour certains, deux, trois mois voire un an après pour d’autres. Pour mon plus grand enfant, il a fallu qu’il atteigne l’âge de huit ans avant que je n’obtienne son acte de naissance et l’inscrire à l’école. J’avais perdu le premier acte de naissance qu’on a établi à ce dernier pendant la période où j’habitais à Dosso ».

A travers les mots qui lui sortent de la bouche de manière saccadée, il ne tarit pas sur l’importance de disposer d’un acte de naissance pour qui que ce soit.

« Pour moi, un acte de naissance a beaucoup de valeur. Pour tout homme conscient, c’est un document important. C’est le premier document qui fait de toi un citoyen. Grâce à ça, on inscrit un enfant à l’école, on peut obtenir sa carte d’identité, obtenir un passeport, un permis de conduire. Une personne qui n’a pas d’acte de naissance ne peut pas avoir des documents de voyage et voyager sans rencontrer des tas de problèmes, des humiliations de toutes sortes et des brimades sur la route avec les forces de sécurité chargées du contrôle routier. Sans acte de naissance, comment connaître les origines de la personne »?

  1. Hamidou Hassoumi est fier de son emploi et de son rôle au sein de la Gare Moderne. Il se bombe le torse, le cogne avec ses propres poings et explique, « je ne l’ai pas avec moi, sinon j’allais même te le monter. C’est grâce à mon acte de naissance, j’ai eu des ouvertures pour travailler. Si je gagne ma vie en travaillant comme bagagiste, c’est grâce à mon acte de naissance, le seul document qui m’a été demandé pour me recruter ici à la compagnie ».

En plus, il se demande : « Comment oserai-je inscrire mes enfants à l’école sans qu’ils aient le moindre acte de naissance et une fois ayant atteint un certain âge ou un certain niveau de leur scolarité, comment leur établirai-je leur certificat de nationalité sans mon propre acte de naissance ? »

Le bagagiste se rappelle du seul problème qu’il a rencontré quand le papier de déclaration de naissance d’un de ses enfants a trop duré à la mairie. « Cela a demandé beaucoup de temps aux agents de l’État civil avant de le retrouver », explique-t-il. « A cause du temps précieux que j’ai perdu pour récupérer l’acte de naissance de mon enfant, au niveau de notre service le chef de personnel a commencé à soupçonner que je chôme exprès mes heures de travail. C’était à l’approche de la rentrée. A l’époque, j’avais besoin d’inscrire mon enfant à l’école ».

Un jeune vendeur de dattes, assis sous un soleil ardent, s’active à vanner de jolies noix juteuses et sucrées qu’il classe en sachets de un kilogramme. Visiblement pas dans ses beaux jours, il a la mine serrée et l’air un peu perdu. Il n’y a pas foule devant sa charrette courte à deux roues parallèles.

L’achat d’un kilogramme que nous avons effectué ne l’a pas pour autant mis à l’aise surtout quand nous lui avons demandé s’il dispose d’un acte de naissance. Il a, quand même maugréé, « j’ai en plus de mon acte de naissance, ma carte d’identité ». Il sort de sa poche un paquet noué dans un sachet plastique blanc.

Nous lui disons de remettre son paquet sans nous l’ouvrir. La conversation aidant, l’atmosphère s’est détendu et le jeune nous fait même connaître qu’il a eu souvent à faire avec la police. « Si je n’avais pas mon acte de naissance, je n’allais pas avoir ma carte d’identité », explique le jeune. « Au début, quand nous voyions les agents de police, nous prenions la fuite, mon ami et moi. J’ai même l’habitude d’abandonner ma poussette avec ses marchandises. Un jour que nous avions été surpris et contrôlés, j’ai été vite relâché mais mon ami a été conduit au Commissariat où il est resté près de 3 jours. Il n’avait aucune pièce d’identité. Il a fallu que nous nous mobilisions pour qu’il soit relâché. A cause du manque d’acte de naissance, il n’a pas pu établir une carte d’identité. Il est retourné au village plus tôt qu’il le prévoyait. Je ne sais pas s’il a pu avoir un acte de naissance. Moi, maintenant, je suis sûr de moi et ne bouge pas même si je vois les agents de police venir vers mois les jours de rafles ».

Nous le quittons sans connaître son nom, ni même le filmer comme il ne nous l’a pas autorisé.

« Mon mari a fait plusieurs aller-retour à la Mairie avant de pouvoir récupérer l’acte de naissance de notre dernier enfant », ainsi commence par s’exprimer Amina Harouna, infirmière de son État dans une clinique de sa place. « Si je me rappelle, il est revenu à la maison trois à quatre fois avec un acte de naissance comportant des erreurs et était obligé de le faire retourner pour qu’il soit corriger. Nous sommes obligés d’accepter une dernière version, la quatrième je crois, elle aussi comportant l’heure de la naissance de notre enfant faussée », se plaint-elle.

« Un acte de naissance est un document très important qui nous accompagne toute la vie. Il faut que les agents qui procèdent aux enregistrements des naissances et produisent les actes de naissances soient bien formés ou aient un certain niveau du point de vue des études ».

Bassirou Baki

 

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