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Politique : Quid de l’agenda de la transition ?

Le Président de la transition, Chef de l’Etat, le général de brigade Abdurahamane Tiani

Voilà bientôt un an que le régime du PNDS-Tarayya a été renversé par un coup d’état qui a débouché sur la création du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) qui a pris dorénavant les rênes du pouvoir. En pareilles circonstances, les nouvelles autorités donnent toujours une idée de la nouvelle orientation du pays et des actions principales à entreprendre. Généralement, c’est en se basant sur les raisons des interventions militaires que les nouveaux maîtres du pays définissent les actions prioritaires à mener durant un timing bien précis.

Pour le cas du 26 juillet 2023, les raisons du renversement du président déchu, selon le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, président du CNSP, étaient essentiellement liées à la mauvaise gouvernance et à la gestion de la question sécuritaire. Ainsi, le CNSP à travers son président annonçait-il une période de trois (3) ans au maximum avant le retour à l’ordre constitutionnel. Mais avant, il était prévu d’organiser des consultations nationales pour dégager les priorités mais aussi pour déterminer l’agenda de la transition à l’issue de ce dialogue inclusif national.

Il était également prévu la mise en place de certaines Institutions pour accompagner la transition. L’ordonnance 2023-02 du 28 juillet 2023 portant organisation des pouvoirs publics durant la période de transition déclinait lesdites Institutions.

Onze (11) mois après l’avènement du CNSP l’agenda de la transition se fait toujours attendre.

Il faut souligner que le CNSP a certes abattu un travail de titan durant ce laps de temps qu’il a passé à la tête du pays avec une rare détermination qu’un pouvoir civile ne peut se prévaloir. Au stade actuel, on peut même parler d’un nouveau départ pour le Niger ou même de la refondation. En tout cas, le CNSP n’est pas passé de main morte pour démolir tout ce qui paraît anormal et qui constituait un frein pour le développement de notre pays. Pour cela le Général Tiani et ses compagnons ont opté pour la souveraineté de notre pays et la réhabilitation de sa dignité. Ce qui passe forcément par une prise en main de notre avenir par nous-mêmes. Les premières actions fortes du CNSP ont consisté à éconduire toutes les troupes militaires étrangères installées dans notre pays sous le prétexte d’un partenariat de défense et de sécurité alors qu’en réalité le Niger n’avait aucun contrôle sur les activités réelles de ces bases militaires. Mieux, le CNSP croit dur comme fer que la présence des troupes militaires étrangères en est pour quelque chose dans la dégradation continue du climat sécuritaire au Sahel.

En outre, le CNSP a décidé d’annuler tout simplement tous les accords bilatéraux et multilatéraux qui ne prennent véritablement pas en compte les intérêts du Niger, aussi bien dans le domaine sécuritaire que dans les domaines diplomatiques, économiques et géopolitiques, pour se tourner vers une coopération plus profitable et plus sincère à l’intérieur de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

Disons que le CNSP a balisé totalement ou presque le terrain pour une affirmation de la souveraineté et un changement de mentalité profond fondé sur l’amour de la patrie.

Il est grand temps à présent de songer à l’agenda de la transition annoncé par le Général Tiani pour capitaliser toutes ces actions salvatrices mais aussi pour donner suite à cette marche pour consolider et affiner l’avenir.

Il faut noter que l’avènement du CNSP au pouvoir a eu l’adhésion massive de nombreux nigériens qui ont soutenu de bout en bout les actions courageuses qu’il a engagées après les événements du 26 juillet 2023. Pour maintenir cet élan patriotique, cette ferveur pour la souveraineté de notre pays, le CNSP a besoin de toutes les énergies sans discrimination aucune. Le contexte sécuritaire marqué par les assauts des groupes armés terroristes, des bandits armés et la création récente de nouveaux fronts rebelles, ainsi que les nombreux défis économiques et sociaux recommandent au CNSP d’engager le dialogue Inclusif national, de libérer l’espace politique et les détenus d’opinions, en ce moment crucial où le Niger a besoin de toutes les forces vives de la Nation. Cela permettra non seulement aux autorités de transition d’honorer leurs engagements mais aussi de jeter les bases de profondes réflexions face aux multiples défis qui se dressent contre le pays et qui nécessitent le concours de tous pour l’aboutissement dans le succès de la transition en cours.

Adoum Boulkassoum

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