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Levée de l’immunité de Mohamed Bazoum : Quel sort pour le Président déchu ?

le Président de la République déchu Mohamed Bazoum

C’est désormais chose faite, l’ancien Président de la République Mohamed Bazoum a perdu son immunité, onze (11) mois seulement après avoir été renversé par un coup d’État le 26 juillet 2023.

Depuis le vendredi 14 juin 2024, le Président déchu Mohamed Bazoum est devenu justiciable comme tout autre citoyen lambda. Ainsi en a décidé la Cour d’État à travers l’ordonnance qu’elle a rendue à l’issue de l’audience qui s’est tenue une semaine auparavant. Cette sentence est tombée après une audience boycottée par les avocats de Mohamed Bazoum, dont les arguments ont été rejetés, le 7 juin dernier et qui ont jeté l’éponge, estimant qu’il s’agissait ‘’d’une parodie de justice’’.

La décision intervient dans un contexte où les soutiens de Mohamed Bazoum ou disons ses anciens collaborateurs faisaient feu de tout bois pour influencer la cour d’État pour certains, et pour d’autres émouvoir la communauté internationale accusée de l’avoir oublié et pour certains autres intimider les militaires au pouvoir afin qu’ils cèdent à leur désidérata.

Au finish, la Cour d’État n’a pas cédé à toute cette pression et a décidé souverainement de la levée de l’immunité du président déchu ouvrant ainsi le boulevard à d’éventuelles poursuites judiciaires. Quelle sera la suite de la procédure ? Quel sort attend Mohamed Bazoum ? Ce sont là désormais les questions qui agitent l’opinion publique en général et ses proches en particulier.

La demande de levée de l’immunité du président déchu Mohamed Bazoum, il faut le dire, a soulevé beaucoup de vagues, de passions et de déchainement surtout de la part de ses proches qui usaient de tous les moyens pour conjurer celle-ci. Malheureusement pour eux, ni la pression sur la communauté internationale, ni les campagnes médiatiques savamment menées pour créer une vive émotion au sein de l’opinion, ni les mensonges distillés pour détruire l’image de l’ancien président Issoufou Mahamadou n’ont influencer la Cour d’État qui a rendu sa décision le 14 juin dernier. Le président déchu dont l’immunité a été levée est désormais exposé aux poursuites et aux convocations judiciaires.

L’on s’interroge effectivement sur la suite de la procédure. On sait que le président renversé est accusé par les militaires au pouvoir, entre autres : de « complot et attentat à la sécurité et à l’autorité de l’État’’ et de ‘’crime de haute trahison ». De graves accusations qui pourrait donner lieu à un long procès.

En attendant la suite du sort de Mohamed Bazoum, dans les arguments développés par Maitre Moussa COULIBALY, membre du collectif des avocats de Mohamed Bazoum, c’est à une justice mise au pas dont ils ont fait face et qui est loin de faire un procès équitable dans lequel, la défense n’aurait aucune chance de rencontrer son client et s’enquérir du dossier.

Dans un communiqué de presse rendu public, le vendredi 14 Juin 2024, le collectif international des avocats du président déchu Mohamed Bazoum a laissé entendre qu’ils ont saisi le groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire d’une plainte contre le Niger.

« Nous avons saisi les instances internationales », a déclaré Me Reed Brody », avocat membre du collectif.

Ce qui est sûr, le Président de la République Mohamed Bazoum a été déchu de son immunité, devenant ainsi un justiciable comme tout citoyen et aussi un éventuel client de la justice nigérienne.

 

Quelle stratégie pour les proches de Bazoum ?

Après cette levée de l’immunité du président renversé, l’on s’interroge sur la nouvelle stratégie qu’adopteront ses thuriféraires qui ont tout essayé, en vain, pour le sauver de cette épreuve. Ils avaient déployé une intense communication mensongère et malsaine à l’internationale contre l’ancien président Issoufou Mahamadou, croyant pouvoir le sortir d’affaire. La communauté internationale alertée à travers des tribunes médiatiques occidentales est restée de marbre. Elle n’a pas pipé mot par rapport à cette situation, des plus compliquées et des plus cocasses, face à laquelle les proches de Bazoum cherchent un bouc émissaire. A l’évidence, leur vacarme communicationnel reposant sur le mensonge et l’émotion a été un fiasco. Encore faut-il en tirer la leçon ! Pas du tout évident puisque dès le départ, les anciens membres du cabinet de Bazoum se sont mis dans la logique de la tactique de la terre brûlée. Beaucoup d’entre eux se sont versés dans l’apologie du terrorisme, servant à l’opinion publique nationale, comme pour s’en réjouir, les premières informations sur les attaques terroristes qui se produisent dans le pays, avec comme conséquence plus d’antipathie à l’endroit du régime déchu.

A vrai dire, certains d’entre eux ne sont pas seulement que des relais des actes des groupes armés terroristes. Ceux qui ont décidé de prendre les armes contre la République en exigeant la libération du président déchu et le retour à l’ordre constitutionnel, notamment le mouvement rebelle du Front Patriotique de Libération (FPL) de Mahmoud Salah sont passés à l’action, travestissant encore l’image du président déchu que les militaires au pouvoir accusent d’avoir des accointances avec les terroristes.

Cette stratégie apocalyptique des proches de Mohamed Bazoum ne sert ni le président déchu, ni ses thuriféraires la plupart en exil. Au contraire, elle laisse apparaître aux yeux de l’opinion publique nationale la constitution d’un véritable ‘’axe de mal’’ dont les principaux animateurs sont les plus proches collaborateurs du président déchu.

 

Adoum Boulkassoum

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