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Lettre ouverte aux autorités du Niger et leurs partenaires au développement à l’occasion de la journée de l’Enfant Africain

Son Excellence Monsieur Mohamed Bazoum, Président de la République du Niger
Son Excellence Monsieur Seyni Oumarou, Président de l’Assemblée nationale
Son Excellence Monsieur Ouhoumoudou Mahamadou, Premier Ministre de la république du Niger,
Madame Allahoury Aminata Zourkaleini, Ministre de la Promotion de la femme et de la
protection de l’enfant,
Aux Représentants des organisations internationales

Quand je vais à l’école : je me réveille tôt le matin, je balaie la cour, je lave les tasses et enfin je pars à
l’école. De retour à la maison à midi, je pile le mil, je balaie la cour, je lave les assiettes encore avant de
retourner à l’école le soir. Parfois je révise encore mes leçons sur le chemin pour ne pas oublier. Il arrive
qu’on me demande de ne pas aller à l’école pour aider maman ou papa à faire du petit commerce et
ramener de quoi manger à la maison. Sur la route de l’école, il y a des dangers que j’évite comme les
accidents, les jeux violents, enlèvements et insécurité. Les classes sont souvent en paillottes ou en argile, il y a souvent des incendies dans les classes…c’est très difficile quand il fait froid ou pendant la saison des pluies ou de fortes chaleur…
Quand je ne vais pas à l’école je vends des denrées ou du fumier au marché. J’emmène les animaux aux
pâturages et je pars aussi en brousse pour couper de l’herbe que je vends afin de ramener de quoi manger à la maison. Je pars aussi chercher du bois de chauffe pour la cuisine. Je vais même dans les carrières pour chercher du sable que je vends afin de ramener de quoi manger… Pendant la saison des pluies, à mon réveil, j’apprête mon matériel pour aller labourer au champ.
Monsieur le président,
J’aime jouer à la poupée au Langa, chalélé, Karapke, cache-cache et à la cuisine. J’aime aussi jouer à la lutte, à la course et réviser mes leçons sur le chemin de l’école. J’aime l’école moderne et coranique parce que l’école nous permet d’acquérir le savoir et d’avoir le travail. L’école c’est la meilleure des choses mais
parfois mes parents me donnent en mariage très tôt et pour ça je ne pourrais pas poursuivre mes rêves…
Monsieur le président,
Je n’aime pas les travaux qui demandent de la force parce que c’est fatigant, ça fait mal au dos. Je ne veux pas qu’on m’insulte où me frappe, je n’aime pas faire la corvée de l’eau. Je n’aime pas piler parce que ça fait des boules sur les mains qui font très mal car ça fait du pus et ça devient une plaie. Parfois quand je suis malade, il n’y a pas de médecin, le centre de santé est fermé et les médicaments manquent. Il faut aller dans le village voisin…qui est souvent loin.
Monsieur le président,
Je ne veux pas voir mes parents dans la souffrance tous les jours et je ne veux pas voir des enfants mendier pour de la  nourriture dans les rues surtout la nuit. « Dans mon quartier, il y’a trois garçons et trois filles qui ne vont pas l’école. Les filles travaillent comme domestiques dans le quartier et les garçons partent mendier avec leur maman. Dans la rue, il y la délinquance, la violence et bien d’autres choses… je pense que ces enfants souhaitent aller à l’école comme nous et devenir des personnes utiles mais ils n’ont pas cette chance. » Fatoumata 13 ans /clubs verts Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE).

Monsieur le président, si j’avais le pouvoir de changer les choses…

Je vais sensibiliser les parents pour surveiller leurs enfants, sur le chemin de l’école et à la maison
Je vais mettre à l’école les enfants de la rue, les enfants mendiants, et trouver une activité à leurs parents pour qu’ils puissent s’occuper d’eux convenablement…
Si j’avais le pouvoir, je vais interdire que les enfants fassent des travaux qui font mal au corps…
Si j’avais le pouvoir je vais planter des arbres pour diminuer la chaleur et mettre de la verdure dans les écoles…
Je vais interdire de faire travailler les enfants et demander aux parents de les laisser aller à l’école pour étudier surtout les filles.
Je vais installer le courant partout dans les villages comme ça nous pouvons apprendre nos leçons en groupe sous l’éclairage du courant.
Je vais interdire tous les jeux brutaux à l’école qui font très mal comme le jeu de el barewa barewa
Je vais faire venir des médecins à la case de santé du village
Je vais mettre des robinets dans toutes les maisons pour éviter la corvée de l’eau
Je vais faire en sorte qu’on arrête de frapper les enfants à l’école ou à la maison

Monsieur le président,

Tous les enfants du Niger veulent aller à l’école, ils veulent savoir lire et écrire, comprendre les langues nationales et
internationales, avoir une bonne éducation, pour qu’ils puissent servir la communauté. Pour cela nous pensons qu’il faut :
– Améliorer, les conditions de vie de la population, pour qu’elle ne vive plus dans la faim et l’insécurité,
– Construire des classes en dur, des centres de formations aux métiers, des latrines, des tables, des laboratoires
d’expériences pratiques dans les écoles, des centres de santé, et donner un enseignement de qualité,
– Inscrire et laisser les filles à l’école, nos parents disent que l’école n’est pas pour les filles et les donnent en mariage très tôt, nous devons expliquer aux parents que les filles sont bien aussi à l’école et doivent faire partie du développement du Niger.

Fait à Niamey,
le 16 juin 2023

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