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Intégration économique des Migrants en Afrique de l’Ouest: A la découverte de la communauté béninoise au Niger

Selon une étude de l’Organisation Internationale des Migrations publiée en 2012 environ 1,6 millions des béninois migrent vers le Niger pour diverses raisons, parmi lesquelles, les raisons économiques. Une fois dans le pays d’accueil, ils exercent plusieurs métiers dans le cadre de leur intégration économique.


La maçonnerie une passion chez les béninois résidents au Niger

La maçonnerie fait partie des métiers qu’exercent certains béninois résidents au Niger pour assurer leur intégration économique au sein du pays d’accueil. C’est le cas d’ANATOLE. Installé depuis 2017 à Niamey, Anatole a une équipe composée des maçons majoritairement des béninois, appuyés par quelques ouvriers nigériens. Grace à ce métier, il tire son épingle. « je loge dans une maison de 25000, avec eau et électricité je dépense 40.000 et pour l’alimentation je peux dépenser 100000 par mois, j’envoie 50000 à mes parents pour leur ration mensuelle »Anatole a foulé le sol nigérien pour la première fois grâce à son ami koffi le.couturier qui a apprécie la vie au Niger « c’est moi qui l’ai incité à venir au Niger, et présentement je suis son tailleur, nous vivons sans problème»
Si certains maçons construisent pour des particuliers, Janvier sous traite avec les entrepreneurs. Il est installé depuis 2010 et travaille sans problème avec ses frères nigériens« je suis installée à Malanville et je viens travailler à Gaya depuis 2010, j’ai construit environ une vingtaine de chantiers avec les entrepreneurs, telles que  des salles des classes, des latrines , j’ai participé à la construction de l’hôpital de référence de Gaya je préfère traiter avec les entrepreneurs car on gagne plus qu’ en travaillant avec les particuliers»
Pour Janvier le travail se fait en équipe avec des nigériens.  « nous travaillons ensemble sans problème, actuellement je suis à Balleyara sur un autre chantier»
Mr Habibou Arzika,un des clients de Janvier Sabo de confirmer sa sincérité « son franc parler m’ont convaincu au point ou je préfère lui confier mon chantier,et rester sans crainte
L’un dans l’autre ces spécialistes en constructions ont contribué à la construction de plusieurs chantiers au Niger, ils vivent en symbiose avec la communauté locale. En cas de litige avec un particulier, il existe une association juridique et judiciaire qui conseille et défend les migrants.
Un autre métier : mécanique Moto
Pour Biyao Charles Installé depuis 1989 à Gaya où il a appris ce métier. Ainsi ; il a ouvert son atelier depuis 1996,très connu du public grâce à lui, plusieurs nigériens et béninois ont appris ce métier de chez lui . IL entretient de bonnes relations avec la population dit-il « je n’ai jamais eu des problèmes avec les nigériens, on cause entre nous et on s’amuse souvent » Selon le grand réparateur de moto,i l peut faire une recette journalière minimale de 3000 et souvent il n’encaisse aucun franc. Comme chaque métier, celui de réparateur à également des tares nous confie Charles.
A la différence de Charles, Navian Albert lui même béninois a foulé le sol nigérien en 2001 après avoir quitté les bancs de l’école pour des raisons financières. En effet, il a appris ce métier chez un nigérien qui l’a encadré après cinq ans « lorsque je faisais mon apprentissage chez Moussa Kimba, il a été un bon maitre car il ne m’a jamais maltraité »

 

Après cinq ans d’apprentissage,Albert a ouvert son atelier.Le métier était plus rentable dans les années 2008 ou les réparateurs de motos étaient moins nombreux à Gaya car ils sont environ une trentaine, aujourd’hui nous dépassons le double, c’est pour cela nous avons des difficultés à joindre les deux bouts « Une réparation que tu dois faire à 1000, quelqu’un l’a feras à 300 francs c’est ce qui gâte notre métier ». Pour réglementer la profession de réparateur, il existe un syndicat ; celui de Gaya est dirigé par Ibrahim Oumarou un nigérien,néanmoins il y a un manque de solidarité entre les membres dudit syndicat contrairement aux autres syndicats dit le Président « Nous ne sommes pas soudés comme les vulgarisateurs ou les coiffeurs, parce qu’une réparation qui coute 1000 francs ; lorsque nous refusons cet argent,un autre va prendre et dira que c’est parce que nous sommes rassasiés et acceptera moins que ça parfois 300 voire même 100 francs ».
En effet, la majorité des migrants dont le but est d’épargner ont une stratégie propre à eux ; ils font une tontine  journalière ou hebdomadaire parfois mensuelle.
Auparavant, nous faisons une tontine chaque vendredi, malheureusement aujourd’hui ce n’est plus le cas puisque ceux qui ont pris ne versent plus c’est pour cela on ne fait plus de tontine entre nous. »
La saturation de ce métier et son apprentissage dans les instituts bloquent certains béninois à venir au Niger confient Albert « j’ai mes frères qui souhaitent venir mais comme ce n’est pas rentable, je leur ai demandé de choisir un autre métier. »

En somme le métier du réparateur était l’un des métiers le plus  rentable exercé par la majorité des béninois. aujourd’hui, le fait qu’il soit saturé bloque certains à venir au Niger pour l’apprendre, car ceux qui l’ont appris sur le tas peinent à gagner de quoi payer la trousse de réparation alors que ceux qui l’apprennent à l’école professionnelle l’ obtiennent gratuitement. La majorité des béninois exercent plusieurs métiers au Niger qu’ils ont appris depuis leur pays d’origine souvent  au Niger.

Ahmed Sidi Balkissa

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