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Hausse du prix du carburant au Nigeria : Ruée vers les stations-services à Maradi

un tricycle s’approvisionnant en carburant dans une station à Maradi

Le Président Bola Ahmed Tinubu a très vite tranché sur la délicate question de la subvention du carburant par rapport à laquelle ses prédécesseurs ont longuement tergiversé. Il  lui a fallu juste 48 heures chrono après son investiture pour supprimer la subvention du carburant, ce qui du coup a engendré la hausse du prix du litre à la pompe.

De 194 nairas soit un peu plus de 200 F CFA, le prix du litre d’essence à la pompe passe désormais à 537 nairas,  avoisinant  les 600 F CFA à partir du 30 mai 2023 sur toute l’étendue de la fédération.

Aussitôt cette nouvelle tarification annoncée et appliquée dans le pays, les syndicats sont montés au créneau pour exiger du gouvernement le retour de la subvention, faute de quoi, ils engageront un bras de fer jusqu’à satisfaction de leur plateforme revendicative.

Une première rencontre s’est tenue le mercredi 31 mai entre les deux parties qui au finish se sont séparées à queue de poisson.

Les conséquences de cette décision se sont déjà répercutées au Niger voisin, où, l’essence provenant du Nigeria est consommé sans modération à cause de son prix très bas sur le marché. Mais depuis le retrait de la subvention, la donne a changé et le marché nigérien semble être désormais plus alléchant.

Une aubaine pour le marché nigérien !   

L’un des avantages immédiats de cette décision pour le Niger a été la ruée vers les stations-services pour s’approvisionner en carburant. La situation est nettement plus visible dans la ville de Maradi où l’approvisionnement à la pompe est très peu développé. Réservé, il y a peu aux Projets, ONGs et autres grands commis de l’Etat, la pompe est aujourd’hui l’affaire de tous. Le jeudi 1er juin 2023, une nouvelle catégorie de la clientèle fait son entrée au niveau de des stations-services.

Absents de ces lieux qui vendent du carburant considéré comme fiable par les experts, les conducteurs des tricycles, et autres taxi de brousse convergent malgré eux vers les stations-services, endroits considérés pour la plupart d’entre eux, comme des lieux où les clients sont escroqués car ces derniers estiment qu’ils ne reçoivent jamais la quantité du carburant qu’il ont payé à cause de ce qu’ils qualifient  la ruse des pompistes.

Il faut désormais débourser 600 voire 750 F CFA pour se procurer le litre d’essence chez les vendeurs ambulants contre 540 F CFA à la station-service.

« Nous sommes obligés d’aller vers les stations-services où l’essence coûte moins chère que chez les vendeurs à la criée», a lâché un jeune conducteur de tricycle communément appelé Adaidaita.

Malgré la cherté du carburant sur le marché noir, beaucoup d’utilisateurs d’engins préfèrent cette facture salée. « Vous le savez comment fonctionnent ces pompistes. Malgré la cherté, nous préférons le carburant de la rue car là-bas au moins tu as la certitude d’avoir la quantité que tu as payéa affirmé un autre conducteur du tricycle, qui n’exclut pas d’ailleurs la possibilité de revoir à la hausse le prix de la course qui est aujourd’hui de 200 F CFA, si la situation perdure.

Fin de la subvention au Nigeria, un remède contre la fraude du carburant au Niger ?

Avec la hausse du prix du carburant au Nigeria, inutile de se casser la tête pour interdire la vente du carburant fraudé au Niger estiment certains observateurs. Personne ne se cassera désormais la figure pour aller transporter du carburant qui coûte plus cher que sur le marché local, nous signalé Issoufou Moussa, vendeur du carburant vers le marché kadro à Maradi.

Pour plusieurs observateurs, le tout nouveau Président de la république Fédérale du Nigeria vient de trouver une solution pour lutter efficacement contre la fraude du carburant au Niger.

Au Niveau de la SONIDEP, la situation est suivie de très près.

« Avec la nouvelle tarification du prix du litre à la pompe au Nigeria, il est pratiquement impossible que le phénomène de la fraude classique qui consiste à prendre des produits du Nigeria pour les amener au Niger continue sous la forme que nous connaissons avec les prix actuels », dixit M.  Bio Abdourahamane, Directeur  de la communication de la Société Nigérienne des Produits Pétroliers SONIDEP.

Un couteau à double tranchant !

Si aujourd’hui le marché légal est en train d’avoir un peu plus de la clientèle, il n’est pas exclu que cette joie ne soit que de courte durée. Pour plusieurs observateurs, la hausse du prix du carburant au Nigeria peut engendrer une rupture au Niger, si les dispositions ne sont pas prises à temps par les services compétents. Les Nigériens ont  encore en mémoire l’épisode de la rupture du gasoil qui a conduit les autorités à interdire l’exportation suivie de la hausse du prix du gasoil, afin de satisfaire la consommation locale.

« Maintenant, c’est à la population d’éviter de prendre le produit destiné à la consommation locale pour l’amener soit au Nigeria ou ailleurs car en créant la rareté à l’interne, des mesures peuvent être prises par le gouvernement. », a martelé Bio Abdourahamane, Directeur de la Communication de la SONIDEP.

le vendeur d’essence Issoufou Moussa interviewé par notre reporter à Maradi

L’autre source d’inquiétude, c’est le risque de perte d’emploi pour les vendeurs détaillant du carburant.

« Depuis que cette mesure a été prise je n’ai pas vendu un seul litre d’essence car il me revient entre 600 et 750 F CFA. C’est moi qui demande à mes clients d’aller vers les stations-services…», a laissé entendre M. Issoufou Moussa, vendeur du carburant à Maradi.

En attendant de voir si le Président Tinubu pourra conduire cette réforme jusqu’au bout face aux agitations des syndicats, le marché du pétrole nigérien va tirer son épingle du jeu car quoi qu’on dise, le marché noir va perdre de vitesse.

Avec cette première grosse décision et avec un peu de fermeté, le successeur de Buhari donne le signal qu’il mettra en œuvre ses principales promesses de campagne qui vont de la suppression de la subvention du carburant en passant par la lutte contre l’insécurité et aussi la corruption.

Ibrahim Moussa,

Envoyé spécial  

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